Ostéopathie
Parmi les nombreuses pathologies que je traite quotidiennement dans mon cabinet d'ostéopathie à Lyon, le syndrome costoclaviculaire occupe une place particulière. Cette affection, pourtant extrêmement fréquente, demeure largement sous-diagnostiquée par le corps médical, laissant de nombreux patients dans des parcours thérapeutiques longs et souvent inefficaces.
Le syndrome costoclaviculaire, également appelé syndrome du défilé thoraco-brachial ou syndrome de la traversée thoraco-cervico-brachiale, résulte d'une compression des structures neurovasculaires qui passent entre la première côte et la clavicule. Cet espace étroit, appelé pince costoclaviculaire ou défilé cervico-thoracique, laisse normalement passer l'ensemble du contingent artériel, veineux, nerveux et lymphatique destiné au membre supérieur.
La particularité méconnue de cette pathologie réside dans le fait qu'elle peut survenir suite à un simple dysfonctionnement mécanique de la première côte, généralement consécutif à un traumatisme cervical de type "coup du lapin". Lorsque l'articulation qui relie la première côte à la première vertèbre thoracique se grippe, la mobilité naturelle de cette côte se réduit, fixant sa position dans un état qui rétrécit en permanence la pince costoclaviculaire.
Les manifestations cliniques du syndrome costoclaviculaire sont multiples et peuvent facilement induire en erreur, d'où sa fréquente confusion avec d'autres pathologies. Les patients se plaignent généralement de plusieurs symptômes au niveau du membre supérieur :
Des sensations d'engourdissement et de fourmillements localisés de manière variable dans l'avant-bras, la paume ou certains doigts, accompagnés d'une impression de gonflement des mains et d'une diminution de la force de préhension. Ces manifestations évoquent souvent à tort un syndrome du canal carpien ou une compression du nerf cubital au coude.
Les phénomènes vasculaires constituent également un tableau clinique caractéristique : mains perpétuellement froides, doigts colorés en blanc ou en violet, aggravation nette des symptômes lors du travail bras levés. Le pouls radial s'avère souvent faible ou absent, notamment lors de la manœuvre diagnostique dite "du chandelier" qui consiste à élever le poignet plus haut que l'épaule.
Au-delà des manifestations au membre supérieur, le syndrome costoclaviculaire s'accompagne fréquemment de céphalées intenses partant de la base du cou, de sensations de déséquilibre non rotatoires, et d'une limitation majeure de la mobilité de toute la ceinture scapulaire. Enfiler une veste, se coiffer ou effectuer des gestes quotidiens au-dessus de l'épaule devient alors particulièrement pénible.
La richesse et le caractère peu spécifique des symptômes conduisent régulièrement à des diagnostics erronés : névralgie cervico-brachiale, syndrome du canal carpien, tendinopathie de l'épaule, arthrose cervicale, hernie discale cervicale, syndrome de Raynaud, voire fibromyalgie. Les patients accumulent ainsi examens paracliniques, IRM, électromyogrammes et consultations spécialisées, sans que le véritable problème ne soit identifié.
La radiographie cervicale de face, examen pourtant simple et peu coûteux, constitue le meilleur outil diagnostique pour révéler un dysfonctionnement de la première côte. Sur ce cliché, les cols des deux premières côtes apparaissent clairement et permettent de constater une asymétrie d'orientation lorsqu'une dysfonction est présente. Malheureusement, cet examen est rarement prescrit, et lorsqu'il l'est, les signes passent le plus souvent inaperçus aux yeux des radiologues non sensibilisés à cette pathologie.
L'examen clinique ostéopathique permet d'identifier rapidement le syndrome costoclaviculaire grâce à des signes très reproductibles. La palpation indirecte de la première côte dans sa partie postérieure, près de la base du cou, révèle une zone de consistance dure et asymétrique, avec déclenchement d'une douleur locale importante.
La contracture du muscle petit pectoral, systématiquement présente du côté atteint, constitue un signe pathognomonique particulièrement évocateur. La palpation sous la clavicule déclenche une douleur marquée du côté concerné, absente du côté sain. Cette contracture dite "sentinelle" accompagne invariablement le dysfonctionnement de la première côte.
Le palpé-roulé dorsal met en évidence des cellulalgies douloureuses à hauteur de la première vertèbre thoracique, uniquement du côté pathologique. Enfin, l'observation de la mobilité de la ceinture scapulaire révèle une asymétrie caractéristique de la distance bras-oreille lors de l'élévation des membres supérieurs, souvent associée à une véritable impotence fonctionnelle de l'épaule.
Le traitement ostéopathique du syndrome costoclaviculaire associe des techniques de décompression du rachis cervical à des manœuvres spécifiques de dégrippage de l'articulation costo-vertébrale de la première côte. Cette approche, inspirée des principes biomécaniques développés dans le cadre de la décompression rachidienne, respecte totalement l'anatomie et la physiologie régionales.
Les résultats s'avèrent généralement remarquables et rapides. La fonction articulaire se normalise immédiatement après le traitement, tandis que les douleurs diminuent progressivement dans les jours qui suivent. Lorsque le syndrome costoclaviculaire entraîne une limitation de mobilité de l'épaule, les effets du traitement sont particulièrement spectaculaires, avec une restauration quasi instantanée des amplitudes articulaires.
Cette efficacité thérapeutique contraste fortement avec les parcours de soins longs et décevants que connaissent habituellement les patients non diagnostiqués, soumis à des protocoles de rééducation inadaptés, voire à des interventions chirurgicales inutiles.
Le syndrome costoclaviculaire par dysfonction mécanique de la première côte représente une cause majeure de douleurs et de troubles fonctionnels du membre supérieur. Sa méconnaissance par une grande partie du corps médical condamne de nombreux patients à des errance diagnostiques et thérapeutiques prolongées. L'examen clinique ostéopathique rigoureux, associé à une lecture attentive de la radiographie cervicale de face, permet pourtant d'identifier rapidement cette pathologie et d'apporter une solution thérapeutique efficace grâce au traitement manuel approprié.
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